dimanche 31 janvier 1999

Le départ de Philippe

Félix passe me chercher vers 10 heures. Je téléphone aux parents à Bordeaux pour prendre des nouvelles de papa. Ca ne répond pas. Ils ont dû repartir à Tananarive. Nous rencontrons les deux types qui étaient chargés de vendre le vérin de Félix à la buvette de Jacqueline. Le ton de la discussion est monté d’un cran. Nous avons exigé de voir le vérin aujourd’hui et demandé qu’il soit transporté au plus vite chez Félix. Ils n’ont pas l’air content. Félix est trop gentil et parfois un peu trop naïf. Finalement, nous pouvons voir le vérin entreposé dans un garage ce qui nous rassure un peu. Je retrouve mes amis savoyards à leur hôtel. Ils sont tous crevés à cause de la soirée d’hier. Je retourne à la case de passage où je regarde un film sur canal horizon. Je règle mes nuits et mes petits déjeuners. Je passe chercher Philippe, le suisse, pour qu’il me créé une adresse internet sur Hotmail. Nous faisons cela sur l’ordinateur de Banagoun. Le soir, on se retrouve tous à l’aéroport pour le départ de Philippe. Il est sur une liste d’attente et il n’y a plus de place. Il est obligé de se payer un billet sur Air France en tarif plein. Ca douille mais il doit rentrer impérativement en Suisse à cause de son boulot.

samedi 30 janvier 1999

Soirée dansante au Harlem

Je me réveille avec un sacré mal de crâne. Je passe chercher les savoyards à leur hôtel. Philippe, le suisse, n’est pas bien, il a vomi toute la nuit. Félix est venu avec moi pour régler un problème du démarreur de leur camionnette. Nous passons à la buvette de Jacqueline avec Thierry et Yannick. Ils n’ont pas l’habitude de fréquenter le milieu africain. Ils sont ravis. Nous passons chercher Philippe qui va un peu mieux, puis nous allons rendre une petite visite à Issouf Compaoré et Banagoun. Issouf nous réserve un accueil chaleureux, comme d’habitude. Nous nous remémorons notre dernier voyage avec Philippe Heusèle et les filles. Il compte passer en France pour enregistrer un disque. Banagoun est sorti, je lui laisse un petit mot pour lui proposer de venir nous rejoindre au Harlem ce soir. Retour à la Fontaine Bleue où nous dégustons un filet à la sauce marchand de vin, délicieux. Augustin, sa femme et Maïssata nous rejoignent puis nous allons au Harlem où la famille Drabo nous attend. Nous faisons la java jusqu’à 3 heures du matin. Discrètement, Félix demande au chanteur de faire une annonce au micro afin de me souhaiter la bienvenue à moi qui a fait 8 000 kilomètres à travers le désert pour venir au Burkina. Je suis touché par l’intention. C’est sympa. Nous faisons une photo de groupe. Tout le monde s’est bien amusé. Félix me raccompagne avec ma voiture à la case et repart raccompagner toute sa petite famille chez lui.

vendredi 29 janvier 1999

Les savoyards

Sur la route de Gonghin, je rencontre Félix qui fait réparer son minibus. Il m’informe que Maïssata a téléphoné et souhaite qu’on aille la chercher. Je passe au bureau de Yamba qui est en séminaire. Je repasserai ce soir. Je vais boire un coup chez Jacqueline. J’en profite pour prendre une photo de sa buvette. Je vais chercher Maïssata à la gare routière, puis nous nous rendons à la Fontaine Bleue pour retrouver Philippe, Thierry et Yannick, les savoyards. Félix nous retrouvera là-bas. Tous ensemble, nous allons déjeuner dans un resto africain. Je retourne chez Yamba qui me fait une avance moyennant quoi je peux garder la voiture tout le week-end. Le soir, je mange un super steak tartare avec les savoyards à la Fontaine Bleue. Nous finissons la soirée au Harlem, une boite sympa avec orchestre et super ambiance. Philippe rentre à pied parce qu’il a repéré une gonzesse. Il est très branché cul.

jeudi 28 janvier 1999

Rencontre de Maïssata à Pô

Nous partons pour Pô au levé du jour afin de faire toutes les démarches dans la matinée. La route est longue et monotone. C’est Augustin qui conduit. A la douane, tout se passe bien. Pendant que nous attendons la rédaction des papiers, nous rencontrons Maïssata, une chauffeuse de gros camions que connaît Augustin. Elle travaille actuellement pour un transporteur ghanéen. Nous discutons avec elle devant un verre de bière. L’histoire de sa vie est tellement intéressante que je lui propose d’en parler dès mon retour en France à une chaîne de télévision. Elle est ravie de l’idée. Nous décidons de nous revoir à Ouaga pour prendre quelques photos d’elle et de son camion. De retour à Ouaga, je propose à Félix de m’accompagner voir Maïssata qui arrive en même temps que nous à la gare routière des camions. On promet de se voir le lendemain. Yamba souhaiterait me voir demain à 7 heures à son bureau pour terminer la vente. Comme ça ne m’arrange pas je fais décaler le rendez-vous. Les savoyards rencontrés à Kayes viennent d’arriver à Ouaga. Nous convenons d’un rendez-vous demain à midi à leur hôtel. Le soir, j’invite Noëlla et Jacqueline à dîner dans le resto chic près de la délégation. Elles sont enchantées.

mercredi 27 janvier 1999

L’Acquis

Augustin passe à la case le matin pour emmener la voiture à la police. Il revient deux heures plus tard avec l’attestation signée de la police. Maintenant, il reste à régler un problème important, c’est l’Acquis. Il est indispensable d’aller à la frontière la plus proche pour obtenir un papier remplaçant mon laissez-passer touristique et me permettant de vendre mon véhicule. Nous décidons d’aller à Po près de la frontière ghanéenne demain dès la première heure.

mardi 26 janvier 1999

La visite chez le mécano

Je passe avec Augustin chez le mécano pour faire expertiser la voiture. Le chef ne voit rien d’anormal et appelle Yamba, le directeur, pour lui confirmer que la voiture est en bon état. Yamba demande à Augustin d’aller demain à la police pour vérifier auprès d’interpole que le véhicule n’est pas volé.

lundi 25 janvier 1999

Des acheteurs potentiels

Petit déjeuner à la case où je discute un moment avec un irlandais très sympa. Je passe chez à l’agence de Nouvelles Frontières pour voir les disponibilités des places pour l’avion de retour. Tout est complet jusqu’au 17 mars. Ca promet. Je vais déjeuner avec Eric de Dano dans un super resto tenu par une française près de la délégation de l’AFVP. C’est super bon mais un peu cher. Le gardien de la case veut me faire rencontrer des éventuels acheteurs pour ma voiture. Pourquoi pas. Augustin, un ami de Félix, me fait savoir que son directeur serait peut-être intéressé lui aussi. Nous passons le soir même lui montrer le véhicule. Ca a l’air d’accrocher. Il me demande d’aller la montrer à son garagiste demain afin qu’il donne son avis. Philippe Heusèle téléphone chez Félix et nous donne des nouvelles.

dimanche 24 janvier 1999

Le camion

Nous avons rendez-vous à 10 heures pour aller voir le camion qui est garé chez des démarcheurs qu’a trouvé Franck dans un bar. Félix est inquiet car il n’a pas confiance en ces types. Normalement ils doivent s’occuper du dédouanement du camion. Ils ont soi-disant un projet à Dori où ils auraient besoin du camion pour faire du transport de matériaux. Moi, ils ne m’inspirent pas confiance du tout. Finalement, nous pouvons voir le camion. Il a apparemment pas mal roulé alors qu’il aurait dû rester en stationnement. J’ai l’impression qu’ils s’en servent sans le dire à Félix. On ne peut pas voir le vérin que Félix espère vendre pour payer le dédouanement car ils l’ont déposé dans un garage pour pouvoir l’exposer à la vue d’acheteurs potentiels. Nous continuons chez Banagoun et Cécile. Leurs filles sont toujours aussi ravissantes. Nous parlons un peu de politique. Banagoun ne porte apparemment pas le gouvernement actuel dans son cœur. Je raccompagne Félix qui a mal à la tête et rentre à la case de passage des VP pour prendre une douche. La case a bien changé. Maintenant il y a la télé, le magnétoscope et des chambres individuelles. J’y retrouve Eric, le VP de Dano que nous avions rencontré l’année dernière. Il n’a pas changé. Je retourne chez Félix que je retrouve au bar de Jacqueline et qui discute avec Jean de dieu, un ami à lui. Ce dernier à l’air intéressé par ma voiture mais il n’a pas beaucoup d’argent. On verra bien. Félix a l’air de me faire la gueule parce que je ne suis pas resté chez lui. Je l’invite avec Cita à venir manger des brochettes sur le bord de la route. Il n’arrête pas de se plaindre des conditions de son voyage. Il est gonflé, on lui a tout payé. Il pourrait au moins nous remercier. Je rentre dormir à la case.

samedi 23 janvier 1999

Ouagadougou

Edwige a fréquemment des malaises. Elle s'évanouit régulièrement. Je propose à Félix d’aller voir le médecin de l’ambassade de France. Ce dernier nous refuse la consultation, car dit-il, il n’a pas le droit de faire de la concurrence aux médecins burkinabés. Nous passons donc dans une pharmacie qui nous conseille d’aller voir un spécialiste ou le père César qui soigne de manière traditionnelle avec des plantes locales. En chemin, nous apercevons le sénateur français Monory qui est en voyage officiel. Il est vraiment très vieux. Il a l’air de mal supporter la chaleur. Je passe à la case de passage de l’AFVP pour voir s’il y a de la place. Je compte venir y dormir demain car je ne veux pas abuser de l’hospitalité de Félix et je me sentirai plus à mon aise. Nous passons voir d’éventuels acheteurs pour la voiture. Nous laissons nos coordonnées. Nous allons prendre une bière à la buvette de Jacqueline. Après, je fais une sieste pendant que Félix met à jour ses factures. Il a beaucoup de retard. Le soir, j’invite toute la famille de Félix à manger du poisson dans un resto africain en plein air près de l’aéroport.

vendredi 22 janvier 1999

La route de Ouaga

Je prends mon petit déjeuner à l’hôtel. J’envoie les cartes postales et passe dire au revoir à Léonie. Je pars de Bobo vers midi. La route est toujours aussi belle mais monotone. Je m’arrête manger un morceau à Boromo où je rencontre un suisse allemand architecte qui fait des interviews et enquêtes sociologiques avec un petit magnéto numérique. Nous discutons un peu puis je reprends la route avec un stoppeur. C’est un amateur de djembé. Il voudrait devenir musicien plus tard. Près du pont qui enjambe la Volta noire, nous tentons d’apercevoir les éléphants. Ils passent souvent à cet endroit. Mais sans succès. Nous arrivons à Ouaga vers 18 heures. Il y a plein de policiers équipés de matraques à tous les coins de rue. Tout est fermé et le marché est vide. C’est assez impressionnant. Je dépose mon stoppeur et me dirige vers la maison de Félix que j’arrive à trouver assez facilement. Ils m’attendaient tous. Il y a Félix, Noëlla, Jacqueline, ses sœurs, Cita, sa copine, et Edwige, Emilie, Angélique, ses filles. Les retrouvailles sont chaleureuses. Je reste dîner et dormir. Félix me raconte la suite de leur voyage avec toute leurs mésaventures. En fait, Georges et Yvan ont cassé leur voiture à une centaine de kilomètres de Nouakchott et Franck leur a proposé de monter leur véhicule dans le camion jusqu’à Ouaga. Ils ont roulé presque sans s’arrêter jusqu’à Zaba. Apparemment, ça ne s’est pas très bien passé avec Georges qui était pénible. Finalement, je crois que j’ai bien fait de les quitter en cours de route. Félix me montre les photos du voyage puis nous allons nous coucher.